Le 13 octobre 2026, Microsoft a ajouté à Bing Webmaster Tools, sa console gratuite pour les éditeurs de sites, un onglet Topics Portfolio en version bêta dans le rapport AI Performance. Il regroupe par thème les requêtes où un site est cité dans les réponses de Copilot, l'assistant IA de Microsoft, et dans les résumés IA de Bing, mesure la taille et la concurrence de chaque thème tous sites confondus, et liste des requêtes d'opportunité où d'autres sites sont cités alors que le site analysé ne l'est pas. C'est le premier outil officiel d'un moteur qui signale à un site les questions posées à une IA sur lesquelles il manque. Bing prévient que ses chiffres sont approximatifs et que les petits sites peuvent ne rien voir. Pour une direction marketing, l'intérêt est de transformer cette liste en plan de contenu, après tri.

Les faits

  • Dans son billet du 13 octobre, Bing décrit un onglet Topics Portfolio placé à côté de Citations & Pages dans le rapport AI Performance, visible seulement si le site dispose d'assez de données. Chaque thème porte trois mesures : Topic Size (citations totales du thème, tous sites confondus), Sites Cited (nombre de sites cités) et Queries (nombre de requêtes). Sous le tableau, Top Opportunity Queries liste les requêtes les plus fortes du portefeuille où d'autres sites apparaissent et pas le vôtre, avec des volumes en fourchettes.
  • Le rapport AI Performance existe depuis février 2026 : citations totales, pages citées, requêtes de grounding en échantillon, courbe dans le temps, sans aucune donnée de clic. En juin, Bing y a ajouté Intents, Topics, Citation Share et Compare ; ces premiers Topics ne regroupaient que les requêtes où le site était déjà cité, et Citation Share, présentée comme une mesure d'observation, n'expose pas les domaines concurrents.
  • Bing énonce quatre limites : classification des thèmes générée par IA et parfois imparfaite, thèmes masqués quand les données manquent, requêtes de marques concurrentes pouvant apparaître en opportunité, chiffres approximatifs à lire comme des « directional signals for planning ». Search Engine Journal relève le 14 octobre que la page d'aide d'AI Performance ne documentait pas encore l'onglet et qu'aucune date de sortie de bêta n'est donnée. Selon StatCounter, Bing représentait 5,29 % des recherches dans le monde en septembre 2026, Google 89,94 %.

Quatre colonnes et une liste d'opportunités : ce que le rapport affiche

Tout repose sur les requêtes de grounding, ou requêtes d'ancrage : les recherches que l'IA de Bing lance sur le web avant de rédiger sa réponse et de choisir les sources qu'elle cite. Le rapport AI Performance les montre depuis février pour les pages du site ; Topics Portfolio les regroupe en thèmes, football, fiscalité ou chatbots IA dans les exemples de Bing, et compare chaque thème à l'ensemble des sites cités dessus.

La page d'un thème affiche trois indicateurs (taille du thème, citations du site dans ce thème, nombre de requêtes) et deux tableaux : Your Grounding Queries, les requêtes du thème où le site est déjà cité, et Opportunity Queries, celles où d'autres sites le sont et pas lui. La fenêtre d'analyse va de un à trois mois. Chaque ligne porte un pouce haut et un pouce bas qui remontent à l'équipe chargée de la classification.

Les mesures de Topics Portfolio et leur usage
MesureCe qu'elle indique, selon BingCe que nous en faisons
TopicUn groupe de requêtes de grounding liées entre elles où le site apparaîtVérifier que le thème correspond à l'offre ; signaler les erreurs avec le pouce
Topic SizeCitations totales du thème sur la période, tous sites confondus : la demande en recherche IAClasser les thèmes entre eux, sans en tirer de prévision de trafic
Sites CitedNombre approximatif de sites cités sur le thème : son niveau de concurrenceRepérer les grands thèmes peu disputés
QueriesNombre approximatif de requêtes distinctes dans le thèmeMesurer l'étendue du sujet à couvrir
Opportunity QueriesRequêtes où d'autres sites sont cités et pas le vôtre, volumes en fourchettesTrier, puis poser chaque requête dans Copilot pour voir qui est cité

De février à octobre, le rapport passe du constat à la planification

La version de février répondait à une question : où mon contenu est-il cité ? Elle comptait les citations, listait les pages citées et un échantillon des requêtes de grounding, et traçait la courbe dans le temps. Bing précisait déjà que ces chiffres n'indiquaient ni classement ni emplacement dans la réponse.

La mise à jour de juin ajoutait le pourquoi : l'intention derrière chaque requête (information, achat, apprentissage, local), des thèmes limités aux requêtes déjà citées, la part de citations du site sur une requête, calculée sur l'ensemble des citations affichées pour cette requête, et la comparaison entre deux périodes. Bing qualifiait Citation Share de mesure d'observation : elle n'expose pas les domaines concurrents, ne représente pas une part de trafic et n'attribue aucune note de qualité.

Topics Portfolio ajoute ce que le rapport ne montrait pas : la forme d'ensemble de la présence du site dans la recherche IA, le poids et la concurrence de chaque thème à l'échelle de tous les sites, et des requêtes précises où le site est absent. Le rapport décrivait un état ; il désigne désormais des manques, ce qui en fait un outil de planification pour le GEO, l'optimisation de la visibilité dans les réponses générées par IA.

Les limites que Bing énonce lui-même, et celles qu'il laisse ouvertes

Bing présente la fonction avec son étiquette bêta et demande de traiter les chiffres comme des signaux d'orientation pour planifier. Les thèmes sont classés par une IA et une requête peut tomber dans une case que l'éditeur aurait nommée autrement. Les thèmes sans présence suffisante du site ou sans activité suffisante dans l'écosystème sont masqués : un petit site voit une liste courte, ou pas d'onglet. Les requêtes de marques concurrentes peuvent figurer parmi les opportunités, Bing cite l'exemple d'un site de chaussures de course qui verrait la requête d'une marque rivale. Les volumes d'opportunité sont volontairement affichés en fourchettes.

Le billet ne dit pas si les tableaux d'opportunité nomment les sites cités ; la mesure Citation Share de juin ne le fait pas. Il ne donne ni seuil de données suffisantes, ni date de sortie de bêta, ni indication sur la qualité de la classification hors anglais. Aucune donnée de clic ni de trafic n'accompagne les citations : une citation dans une réponse IA n'est pas une visite, et la mesure de l'effet reste à faire dans vos propres outils d'analyse d'audience.

Six étapes pour transformer la liste d'opportunités en plan de contenu

Bing donne un ordre de lecture en trois temps : choisir une fenêtre d'un à trois mois, partir des thèmes où les citations sont déjà concentrées, puis descendre dans les requêtes d'opportunité. Les étapes ci-dessous prolongent cette méthode avec notre pratique ; seuls le point de départ et les pouces de signalement viennent de Bing.

  • Accès. Vérifier le site dans Bing Webmaster Tools, puis ouvrir AI Performance et chercher l'onglet Topics Portfolio. S'il n'apparaît pas, Bing manque de données sur le site.
  • Point de départ. Lire d'abord les thèmes où le site est déjà cité, sur la fenêtre de trois mois, la plus longue proposée, pour lisser les variations.
  • Lecture. Croiser Topic Size et Sites Cited : un grand thème peu disputé et un grand thème saturé n'appellent pas le même effort. Les deux chiffres servent à classer les thèmes entre eux.
  • Tri. Retirer de la liste d'opportunités les requêtes de marques concurrentes, que Bing reconnaît faire remonter, et celles qui sortent de l'offre. Ce qui reste, ce sont des questions auxquelles l'IA de Bing a trouvé une réponse ailleurs que chez vous.
  • Test. Poser chaque requête retenue dans Copilot et dans Bing, noter quelles pages sont citées et sous quel format (guide, comparatif, FAQ, fiche), puis créer ou enrichir la page correspondante.
  • Mesure et retour. Suivre l'effet dans vos outils d'analyse d'audience, puisque le rapport ne compte aucun clic, et signaler les erreurs de classement avec les pouces, dont Bing dit qu'ils orientent ses corrections.

Le poids de Bing reste modeste : 5,29 % des recherches dans le monde en septembre 2026 selon StatCounter, contre 89,94 % pour Google. Le signal vaut au-delà de ce périmètre, et c'est notre lecture : peu d'outils officiels et gratuits montrent ce qu'un moteur IA cherche sur un thème et combien de sites il cite, et la liste des requêtes manquantes renseigne la demande même pour qui vise d'abord Google. Sur le marché luxembourgeois, multilingue et peuplé de sites de taille modeste, beaucoup d'éditeurs ne verront qu'une poignée de thèmes, et Bing ne dit rien de la classification en français ou en allemand. La vérification du site étant gratuite, elle ne coûte que le temps de l'inscription.

Le regard d'AIxH

Nos audits de visibilité IA s'appuient sur des réponses relevées dans ChatGPT, Perplexity, Gemini et Copilot, question par question, et sur ce que Search Console montre de la présence d'un site dans l'IA de Google depuis le 31 août, sans les requêtes. Topics Portfolio apporte une donnée de première main côté Microsoft, avec les requêtes et les manques, à lire avec la même prudence : l'outil propose des pistes, le tri et les décisions restent humains. Pour savoir sur quelles questions les moteurs IA citent vos concurrents, notre agence GEO au Luxembourg croise ces rapports avec les réponses relevées et en tire un plan de contenu priorisé.

Bing montre désormais les requêtes IA où d'autres sites sont cités à la place du vôtre : comment lire Topics Portfolio

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