Le 24 septembre 2026, Google a lancé sa quatrième spam update de l'année, valable dans tous les pays et toutes les langues. Son tableau de bord annonce un déploiement de deux semaines au plus, soit une fin possible vers le 8 octobre, et ne précise ni la cible ni l'ampleur de la mise à jour. Au 1er octobre, la page de l'incident n'affiche que l'entrée de lancement. Pour une équipe marketing, la question de la semaine est de lire une baisse de trafic pendant cette période sans conclure trop vite et sans toucher à des pages qui fonctionnaient. Les observations publiées depuis une semaine donnent des pistes, qu'aucune donnée de Google ne confirme à ce stade.
Les faits
- Google a annoncé la mise à jour le 24 septembre à 9 h 15, heure du Pacifique, sur son Search Status Dashboard : « applies globally and to all languages. The rollout may take up to two weeks to complete. » Selon la documentation de Google, une spam update améliore ses systèmes automatisés de détection du spam, dont SpamBrain, et un site touché doit relire les politiques de spam ; une amélioration, si elle vient, prend plusieurs mois.
- Les trois mises à jour précédentes de 2026 ont été bien plus courtes d'après le dashboard : 19 h 30 environ en mars, un peu plus de deux jours en juin, environ deux jours et demi en août. PPC Land relève que Google Search Central a qualifié celle de septembre de « normal spam update » sur LinkedIn, sans billet de blog, sans nouvelle politique et sans liste des pratiques visées.
- Le jour du lancement, John Mueller, de Google, a répondu sur Bluesky qu'elle prendrait probablement plus de temps que les précédentes, rapporte Semrush le 29 septembre. Search Engine Roundtable a relevé une forte volatilité du 25 au 27 septembre, avec un pic le samedi 26, au cinquième jour d'un déploiement annoncé sur quatorze.
Google a confirmé le lancement et la durée, et laissé le reste ouvert
La communication de Google tient en deux phrases. Elle confirme le lancement, la portée mondiale et un déploiement de deux semaines au plus. Elle renvoie, comme à chaque spam update, vers les politiques de spam que les sites touchés doivent relire. Rien n'est dit de la politique concernée, du type de site visé, de la part de sites touchés ni de la date de fin.
Deux hypothèses circulent sans confirmation. Search Engine Journal a décrit le 25 septembre un système de détection des abus à grande échelle appelé SAFE, présenté par Google dans un article de recherche, et suppose qu'il pourrait participer à la mise à jour de septembre ; Google ne l'a pas dit. Semrush note que cette spam update est la première confirmée depuis la révision de la politique de réputation de site du 28 août, sans que Google ait relié les deux. PPC Land énumère les politiques existantes que la mise à jour appliquerait, du contenu produit en masse aux faux avis : c'est la liste des règles en vigueur, que Google n'a pas présentée comme la cible de septembre.
Trois éléments brouillent la lecture d'une baisse pendant le déploiement
La durée d'abord. Une baisse constatée au cinquième jour d'un déploiement de deux semaines dit peu de chose de l'état final : les positions peuvent encore bouger dans les deux sens jusqu'à la clôture, et Search Engine Roundtable comme Semrush rappellent que ce calendrier complique l'attribution d'une baisse à la mise à jour.
La volatilité ensuite. Plusieurs outils de suivi ont relevé des mouvements dès le 22 septembre, avant l'annonce, selon PPC Land. Une comparaison qui démarre le 24 mélange donc deux périodes ; Semrush recommande de prendre comme référence les positions antérieures au 23 septembre.
Search Console enfin. Le même 24 septembre, Google a séparé le type de recherche Web en deux dans le rapport de performance : la recherche textuelle et la recherche multimodale, lancée depuis une image avec Google Lens ou Circle to Search. Google présente ces données multimodales comme nouvelles, et aucune requête n'y est associée puisque la personne a cherché avec une image. Une hausse d'impressions constatée depuis cette date peut donc venir du rapport lui-même ; les clics et les conversions restent la mesure la moins exposée à cet effet.
Les pages produites en série reviennent dans toutes les observations, sans mesure d'ensemble
Les observations disponibles viennent de consultants et portent sur des échantillons limités. Dans l'article de Search Engine Roundtable du 28 septembre, Glenn Gabe dit observer de fortes baisses sur plusieurs sites, dans plusieurs secteurs et pays, avec des cas de contenu généré par IA et de pages programmatiques en masse ; Lily Ray y décrit des pages très templatisées, déclinées par numéro de téléphone ou par indicatif régional. Ce sont des cas isolés, sans mesure d'ensemble à ce jour.
La mise à jour d'août fournit un ordre de grandeur. Selon SE Ranking, dont l'analyse est relayée par seo-kreativ dans un addendum du 31 août, 16,71 % des URL classées dans le top 10 sont passées au-delà de la 100e position pendant la mise à jour, contre 9,2 % sur une fenêtre de juillet sans mise à jour, soit 82 % de mouvement en plus. L'étude porte sur 100 000 mots-clés et 20 secteurs, sur les résultats américains, et ne se transpose pas à septembre. Dans ses études de cas d'août, Glenn Gabe décrit des sites qui combinaient pages programmatiques, texte généré par IA et affiliation légère ; DMNews rappelait le 3 septembre que ces observations reposaient sur un petit échantillon et que Google n'avait pas confirmé de cible.
Un point converge : les sites qui produisent des pages en masse figureraient parmi les plus touchés. La définition officielle du contenu produit en masse (scaled content abuse) éclaire ce constat. Google y vise les pages créées en nombre pour manipuler le classement sans aider les internautes, « no matter how it's created », et cite parmi ses exemples l'usage d'outils d'IA générative pour produire beaucoup de pages sans valeur ajoutée. Le critère est la valeur apportée, et la méthode de production ne compte pas. Un contenu assisté par IA, relu, enrichi de données propres et signé par un auteur identifié relève d'une autre logique, parce qu'un humain en garde le contrôle éditorial.
Dans l'Espace économique européen, la réputation de site se traite désormais à part
Le 28 août, Google a publié une mise à jour de sa politique de réputation de site, après des échanges avec la Commission européenne. Cette politique vise le contenu de tiers publié sur un domaine fort pour profiter de ses signaux de classement ; dépêches, syndication et affiliation correctement signalée restent permises. Depuis le 30 août, une action manuelle pour abus de réputation de site n'a plus d'effet pour les internautes situés dans l'Espace économique européen, qui regroupe les 27 pays de l'Union, l'Islande, la Norvège et le Liechtenstein. Dans cette zone, les pages concernées peuvent être classées séparément du domaine qui les héberge, sur leurs propres mérites, et Google lève les actions manuelles passées. Ailleurs, l'action manuelle continue de réduire la visibilité de la section concernée.
La documentation de Google n'explique pas comment ce traitement se combine avec la spam update de septembre. Un site qui héberge du contenu de tiers peut donc obtenir des résultats différents selon la localisation des internautes. Le 29 septembre, Nick Fox, vice-président senior de Google chargé de la division Knowledge & Information, dont dépend la recherche, a déclaré dans un entretien relayé par Search Engine Roundtable que Google avait été « forced to pull back on spam protections » et affichait de ce fait des résultats de moindre qualité en Europe. Nous avions décrit ce cadre dans notre article sur la suspension des sanctions anti-parasite SEO en Europe ; la mise à jour de septembre est la première à s'y appliquer.
Que faire cette semaine, et ce qu'il vaut mieux éviter
Une baisse observée pendant le déploiement peut avoir plusieurs causes, d'où l'intérêt de diagnostiquer avant d'agir. Ces vérifications suivent la documentation de Google et la note de Semrush du 29 septembre, sans garantie de résultat.
- Attendre la clôture avant de conclure. Le tableau de bord de Google indiquera la fin du déploiement, possible vers le 8 octobre.
- Poser une base de comparaison. Comparer positions et trafic avant le 22 septembre et après le 24, puisque la volatilité a commencé avant l'annonce.
- Regarder les concurrents. Si tout le secteur bouge, la cause dépasse votre site. S'il est seul à bouger, examiner ses pages.
- Vérifier hors de Google. Semrush suggère de comparer avec vos citations dans ChatGPT, Gemini ou Perplexity. Une baisse limitée à Google, alors que ces citations tiennent, oriente vers une cause propre à Google. C'est l'un des indicateurs que suit notre service GEO.
- Isoler l'effet Search Console. Depuis le 24 septembre, la recherche Web y est séparée en texte et multimodal. Suivre les clics et les conversions, et lire les impressions avec ce changement en tête.
- Consulter les actions manuelles et les messages dans Search Console, en se souvenant qu'une spam update modifie des systèmes automatisés et ne donne lieu à aucune notification individuelle.
- Inventorier les pages à risque. Pages par ville ou par produit répliquées à grande échelle, textes automatisés non relus, fiches d'affiliation copiées du marchand, sections de tiers, domaines rachetés. Une fois le déploiement terminé, décider par lot : enrichir, fusionner, exclure de l'index ou supprimer.
| Ce que vous observez | Lecture prudente | Action |
|---|---|---|
| Baisse générale du secteur | Volatilité large | Attendre la fin du déploiement |
| Baisse sur un lot de pages générées en série | Cohérent avec les observations publiées, sans preuve | Auditer la valeur ajoutée du lot |
| Baisse sur une section de contenu de tiers | Lien possible avec la réputation de site | Vérifier les actions manuelles, comparer dans et hors de l'Espace économique européen |
| Hausse d'impressions sans variation de clics | Effet possible du nouveau rapport Search Console | Suivre clics et conversions |
| Aucune baisse | Site épargné à ce stade | Surveiller jusqu'à la clôture annoncée |
Trois gestes sont à éviter pendant le déploiement : réécrire ou supprimer des pages en masse ; relancer une production massive de pages avec des outils d'IA pour compenser la baisse, ce qui correspond à la définition officielle du contenu produit en masse ; attendre un retour rapide, puisque Google indique qu'une amélioration, quand elle vient, se constate sur plusieurs mois.
Le regard d'AIxH
Nous produisons nos contenus avec l'IA, et nous publions deux à trois articles par semaine sur ce site : nous sommes donc concernés par la définition du contenu produit en masse, et nous l'avons lue de près. Ce qui nous en sépare tient à des choix vérifiables sur chaque page : des sources ouvertes et liées, des chiffres bornés à leur périmètre, un auteur identifié qui relit et signe, et une réponse à une question que nos clients posent. Pour les sites que nous suivons, nous avons posé la base de comparaison au 22 septembre et nous attendons la clôture avant toute décision sur une page. Si l'un de vos lots de pages a perdu de la visibilité depuis le 24 septembre, notre équipe de référencement naturel peut en examiner la valeur ajoutée page par page, et comparer ce que vous observez dans Google avec vos citations dans les moteurs de réponse IA, pour distinguer un effet de la mise à jour d'un problème de contenu.
