Le recensement du 8 novembre 2021 a demandé aux résidents quelles langues ils parlent habituellement, à la maison, à l'école ou au travail. La publication du STATEC RP2021 n°8, « Une diversité linguistique en forte hausse » (décembre 2023) donne la réponse : 61,2 % parlent le luxembourgeois, 50,8 % le français, 25,7 % l'anglais, 22,5 % l'allemand, 19,8 % le portugais, deux langues par personne en moyenne. Le pays comptait 690 959 habitants au 1er janvier 2026, dont 46,6 % de nationalité étrangère. Une campagne diffusée dans une seule langue atteint donc, au mieux, la moitié des résidents dans la langue qu'ils utilisent tous les jours. Le recensement ne dit pas quelle langue chaque personne comprend ; il dit lesquelles elle pratique, et où.

Les faits

  • Tableau 6 de la publication (réponses multiples, 477 061 répondants) : luxembourgeois 61,2 %, français 50,8 %, anglais 25,7 %, allemand 22,5 %, portugais 19,8 %, italien 5,8 %, autres langues 18,0 %. Entre 2011 et 2021, le nombre de locuteurs habituels de l'anglais a augmenté de 27 % et celui des « autres langues » de 55 % ; l'allemand a reculé de 24 %.
  • Langue principale, celle que l'on maîtrise le mieux, une seule réponse possible (tableau 1) : luxembourgeois 48,9 % contre 55,8 % en 2011, portugais 15,4 %, français 14,9 %, anglais 3,6 %, allemand 2,9 %. Le nombre de personnes déclarant l'anglais comme langue principale a doublé, de 10 018 à 20 316.
  • Contexte d'usage (tableau 8) : 37,2 % parlent le français uniquement à l'école ou au travail, 26,6 % parlent l'anglais uniquement dans ce cadre, 38,7 % ne parlent le luxembourgeois ni à la maison ni au travail, 10 % parlent le portugais uniquement à la maison. Le portail officiel luxembourg.public.lu confirme le français comme première langue du travail, avec une part qui va de 43 % à 83 % selon la commune, 67 % dans la capitale.

Le luxembourgeois arrive en tête, et quatre résidents sur dix ne le parlent ni chez eux ni au travail

Avec 61,2 % de locuteurs habituels, le luxembourgeois reste la langue la plus parlée du pays. Le même recensement montre que 38,7 % des répondants ne l'utilisent dans aucun des deux contextes, et que sa part comme langue principale a perdu 6,9 points en dix ans sous l'effet de l'immigration. La géographie compte aussi : le portail officiel situe sa pratique au travail entre 69 % et 95 % hors de la capitale, et entre 30 % et 56 % autour de Luxembourg-Ville.

Pour une campagne, le luxembourgeois s'impose quand la cible est résidente de longue date ou locale : commerce de proximité, communes, associations, administrations, services aux familles installées. Il touche peu les arrivants récents, dont seule une petite partie le connaît à l'arrivée, selon les auteurs de l'étude.

Le français porte le travail, l'anglais progresse avec les nouveaux arrivants

Le français est parlé habituellement par la moitié des résidents, et pour un gros tiers d'entre eux uniquement au travail ou à l'école. C'est la langue commune de l'espace professionnel, ce qui en fait la langue de base d'une campagne B2B ou d'un site de services. L'anglais compte un quart de locuteurs habituels, en hausse de 27 % en dix ans, et le portail officiel le place en deuxième position au travail, avec une concentration dans la finance, la banque, l'assurance et le commerce international.

Un message en français et en anglais couvre l'essentiel des situations professionnelles. Il laisse de côté une partie des foyers : le portugais se parle à la maison pour 10 % des répondants sans jamais être utilisé au travail, et 12,4 % l'utilisent dans les deux contextes. L'allemand suit le chemin inverse, parlé au travail ou à l'école par près d'un quart des répondants, et dans les deux contextes par 6,7 % seulement ; le portail le situe surtout dans la santé, l'administration, l'industrie et le commerce.

Ce que ces chiffres changent dans le réglage d'une campagne

Les régies ne ciblent pas les langues du recensement. Google Ads utilise la langue de l'interface et des requêtes, Meta celle du profil et de l'activité. Le recensement sert en amont : décider combien de langues produire, dans quel ordre, avec quelle part de budget, et par quel secteur commencer. Une campagne d'assurance habitation, sujet de foyer, gagne à exister en portugais ; une offre de services financiers, sujet de bureau, en anglais et en français d'abord.

Deux limites à garder en tête. Le recensement décrit les résidents ; les frontaliers qui travaillent au pays n'y figurent pas, et une campagne géolocalisée sur le Luxembourg les touche pourtant chaque jour. Ensuite, parler habituellement une langue et comprendre une annonce sont deux choses distinctes : les auteurs de l'étude le rappellent, et le taux de réponse à la question des langues parlées est tombé de 90 % à 74 % entre les deux recensements. Les pourcentages donnent des ordres de grandeur, la mesure par langue d'une campagne réelle donne la décision.

Le regard d'AIxH

Nous choisissons les langues d'une campagne à partir de ces répartitions, puis nous mesurons chaque langue séparément. La campagne d'assurance habitation d'AXA Luxembourg a été déclinée en 20 langues pour couvrir 95 % de la population résidente, bien au-delà des six langues du tableau 6, avec des taux de clic qui ont atteint 12 % sur certaines langues, sans que ce chiffre soit une moyenne. Pour MONDORF Domaine Thermal, les balises d'images ont été produites en français, en allemand et en anglais, chacune validée par un humain. Notre approche du SEO multilingue et nos campagnes Social Ads partent du même principe : l'IA générative produit les variantes par langue, une personne qui parle cette langue valide chaque version, et le suivi se lit langue par langue. Si vous diffusez aujourd'hui dans une seule langue au Luxembourg, la première question à poser est celle de la part de vos clients qui vit et travaille dans une autre.

Quelles langues parlent vos clients au Luxembourg ? Ce que le recensement mesure, et ce qu'une campagne peut en faire

Vous suivez nos actualités ? Ajoutez AIxH à vos sources préférées sur Google →

À lire aussi